Pour nous contacter Association Lao du Languedoc Roussillon 11 rue des Tamaris 34920 LE CRES MONTPELLIER - FRANCE Tel : 04 67 87 00 92 Centre Culturel et Cultuel Lao de Montpellier Pagode Vat Xieng Thong 1 Place du Laos (575 rue Rouget de Lisles) 34070 MONTPELLIER FRANCE centreculturellao@gmail.com concepteur : Say Boungnaseng www.sayconcept.net sayconcept@gmail.com
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Activiste associatif L'engagement associatif, c'est chez Bounhéng Saignavongsa comme une seconde vie. Dès la classe de 4è, il est trésorier adjoint du comité des fêtes de son collège. Quelques années plus tard, il sera élu président des élèves du lycée Auguste-Pavie, à Vientiane, la capitale du pays. "C'était le plus gros lycée du Laos, avec 3500 élèves", précise-t-il. Juste avant de rallier Montpellier pour ses études, il représente, en 1970, à tout juste 20 ans, la jeunesse du Laos, au congrès mondial de la jeunesse, organisé à New York par l'Onu pour son 25è anniversaire. Un an plus tard, alors qu'il vient tout juste d'arriver dans le Clapas, il est élu président des étudiants laotiens de Montpellier. "Très souvent, j'étais désigné sans même être candidat. Ces engagements me gênaient car je n'osais pas dire à mes parents que j'étais par exemple, président du lycée. Ils l'ont découvert en lisant le journal." Son engagement prendra même une dimension sociale. En terminale, il s'occupe, avec d'autres étudiants, des réfugiés qui fuient les campagnes. A Montpellier, il aidera ses compatriotes qui fuient le régime communiste et qui arrivent, démunis en France, et en particulier à Montpellier. " Avec le recul, je me rends compte que mon engagement association affiche déjà quarante cinq années. C'est beaucoup mais c'est ma vie." Et visiblement, ce n'est pas encore terminé, puisque pour mener à bien son projet de pagode et de temple laotien, il a fondé, en 1992, une association pour le porter. Et comme toujours à titre bénévole.
L'homme sait avoir la mémoire longue. "Nous, les Laotiens, nous ne devons pas être ingrats. Nous sommes arrivés les mains vides. Mais tout ce que nous pouvons donner, en échange, c'est notre culture." Bounhéng  Saignavongsa n'est pas peu fier d'être celui qui porte, aujourd'hui, le flambeau montpelliérain d'un peuple et d'une culture malmenés par l'histoire. Mais fidèle à lui-même, il le fait avec discrétion. Cette culture dont il veut véhiculer les espoirs a trouvé son symbole dans la pagode Vat XiengThong, dont il est le bâtisseur moral et ardent depuis bientôt une décennie. Car, pour lui, quel meilleur vecteur de fraternité entre les deux rives de sa vie, comme celle des quelques 300 familles laotiennes qui résident dans la région, que cette initiative qui a vu s'ériger depuis quelques mois le temple au cœur du quartier de Bagatelle.   C'est un pont entre deux cultures. "Nos enfants nés ici n'ont pas véritablement pris la dimension de la culture laotienne. Ce temple est fait pour eux, tout comme il est fait pour nos amis français qui nous accueillent. C'est aussi une manière de remercier ceux qui nous ont aidés à nous intégrer dans la société française, plus particulièrement montpelliéraine." Né à Thatèng, dans le sud du Laos, en 1950, à une époque où la région était sous l'emprise de l'Union française d'Indochine, Bounhéng Saignavongsa a très tôt été imprégné de la culture française, " Au lycée, 98% de nos professeurs étaient français et le programme était celui de l'académie de Montpellier." Nul étonnant donc que, le bac en poche, c'est vers le Languedoc que ce fils de propriétaire de café se tourne pour poursuivre ses études supérieures. Nous sommes en 1971. "J'ai choisi de faire des études d'économie dans ce qui était à l'époque la faculté de droit et des sciences économiques. J'avoue, qu'au début, j'ai eu du mal à prendre des notes. Mais à l'arrivée, j'ai fini par en sortir avec le grade de vice-major de ma promotion", raconte-t-il.   Un ami syndicaliste de la CGT l'aide à décrocher un job à la mairie de Montpellier. "Cet ami a fait passer mon CV à Gorges Frêche, alors nouveaux maire." Et voilà notre diplômé embauché au service de l'équipement urbain, qu'il intègre le 1er novembre 1977. Quelques années plus tard, en 1981, il prend la nationalité française. Et poursuit sa carrière au sein de la ville : services des marchés publics de 1984 à 1988, puis du contrôle de gestion, de 1998 à 2010.   L'homme vient tout juste de prendre sa retraite de fonctionnaire municipal. Un départ qu'il a voulu fêter avec ceux qui ont, depuis des années, accompagné ses engagements en faveur de sa communauté. Il les réunit, ce matin. Et nul n'est étonné que le lieu choisi pour cette fête ne soit autre que la pagode, Vat XiengThong, reproduction fidèle de celle de l'ancienne capitale royale du Laos, Luang Prabang. "J'ai lancé ce projet en 2001. Nous avons commencé par l'acquisition du terrain. Puis, toujours grâce à des dons, nous luis avons donné forme. Le temple est aujourd'hui réalisé à 80%. Nous avançons au fur et à mesure que nous obtenons des fonds de nos donateurs. Mais maintenant  que je suis à la retraite, je vais y consacrer tout mon temps", plaide-t-il. Toujours avec cette aspiration : faire de ce lieu, "ouvert à tous", ce pont entre deux cultures. Les deux rives de fleuve de sa vie. Karim MAOUDJ
Midi Libre Montpellier et sa région  novembre 2010.
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